Mon Infinity Trail 2026 du Pont du Gard !
- data2performance
- 9 avr.
- 5 min de lecture
Dans cet article, je vais partager une de mes récentes courses. Me concernant, il s’agit d’une très bonne performance, étant donné mon volume d’entrainement et des blessures qui ne sont d’ailleurs pas tout à fait soignées !
En effet, j’ai réussi à courir ce 31 janvier 2026, en 16heures et 2 minutes, le total de 107km. Mon premier « 100 bornes », avec presque 2000m de dénivelé positif !
Effectivement, j’ai participé à l’Infinity trail du Pont-du-Gard.
Un format très particulier, mais qui gagne à être connu. Je pense que c’est un excellent format pour travailler sur les données physiologiques et les données de courses, afin de s’imposer une stratégie adéquate.

Le principe de l’Infinity Trail
Il s’agit de courir sur une boucle de 6,7km (et 120m de D+ dans le cas du Pont du Gard), la distance la plus longue jusqu’à épuisement ! La particularité est qu’un nouveau départ est donné chaque heure, avec l’ensemble des participants. Si on termine la boucle de 6,7km en 45min, on doit patienter 15 min à côté de la ligne dans des locaux, avec tout le matériel et la nourriture que l’on souhaite pour se remonter le moral !
Du coup se pose la question initiale : vaut-il mieux courir en 40min chaque tour et avoir 20min de repos, ou bien courir en 55min et avoir 5min de répit ? Excellent terrain pour de l’analyse de donnéed et un travail de data-scientist !

Mon conseil
Pour moi, je conseillerai l’Infinity trail à celles et ceux qui veulent connaitre leur limite pour leurs prochains défis, comme basculer du trail de petite/moyenne distance vers de la longue distance type ultra ! En effet, vous avez tout ce qu’il faut à vos côtés pour vous restaurer, et vous soigner et vous pouvez aussi apprendre à respecter un rythme de course calme et propice à l’effort de longue durée. Intéressant pour tenter de nouvelles distances dans un futur proche !

Comment j’ai abordée la course ?
Blessé au genou (syndrome rotulien) et atteint d’une pubalgie dont je n’arrive pas à me débarrasser, je me dis que cette course peut être un bon moyen de me tester sans vouloir à tout prix terminer un ultra et risquer la sur-blessure.
Je m’aligne quand même avec le secret espoir de battre mon record de 70km (SaintéLyon).
Je n’ai pas fait de préparation particulière si ce n’est du foncier habituel de mon hiver. Ma dernière course est une course courte à Saint Paul de Vence et je n’ai guère dépassé les 12-13km au maximum sur mes sorties depuis ma reprise de septembre. Impossible également de faire du fractionné à cause de la publagie.
Comment s’est déroulée la course ?
Accompagné de 2 de mes amis que j’ai grand plaisir à retrouver, nous commençons la course à 11heure un vendredi. Les premières boucles sont plutôt tranquilles. Nous avons choisi de tourner les boucles en 54 à 55minutes, et même plutôt un peu plus… peut être que c’était la mauvaise stratégie. Mais je préfère accompagner mes amis plutôt que faire cavalier seul.
Les concurrents de l’année 2025 ayant fini mon objectif secret (100km) ont tourné entre 48 et 50min en moyenne. Nous avons donc peut-être visé des temps un peu trop longs pour tourner nos tours… En effet, la récupération se passe vraiment très vite. Quand on arrive à la minute 53, on n’a même pas le temps d’aller chercher de l’eau que la minute 57 raisonne (il y a 3 appels : à la minute 57, la minute 58 et la minute 59 afin de repartir sur le tour suivant). Cela stresse un peu les concurrents, et dès la minute 57, tout le monde est déjà sur le qui-vive.
En résumé, si on tourne en 53 minutes, on a peine 4minutes pour manger, boire, s’assoir et se ressourcer un peu. Si on boucle en 49 minutes, on a le double !... Si j’avais un conseil à vous donner, il s’agirait donc de bien calibrer cet équilibre entre temps de repos et temps d’effort !
A refaire, je choisirai de viser 49 minutes au tour.
Les résultats 2025 des concurrents ayant réalisé mon objectif de 100km

La course de l’après midi se déroule bien, dans la bonne humeur avec mes amis. Maxime, semble s’arrêter au bout de la 10eme boucle, ce qui est super et qui constituait mon premier objectif. Julien, qui ne souhaite pas laisser poireauter Max car ils ont covoituré ensemble, s’arrête à la 12ème boucle. Il m’aura beaucoup aidé en donnant un rythme agréable tout au long des 12 tours, et en papotant également ensemble.
A la 12eme boucle, je commence à être bien fatigué. Les jambes sont raides et ça commence franchement à tirer. Je décide d’aller piocher au fond de moi pour voir jusqu’où je peux aller avec mon entrainement actuel sans me blesser bien entendu. Alors je vais jusqu’au tour 15 et franchi cette belle barre des 100km !
A chacun des tours 13,14,15 j’ai de plus en plus de mal à boucler les 6,7km en un temps convenable. Je fini en 55min+ et je n’ai à ce titre, quasiment aucun temps de repos.
Alimentation et hydratation
J’ai choisi de courrir en « slick », à savoir sans poche à eau. Mais avec 2 fioles de 250mL que je remplis à chaque tour. Je pense que c’est la bonne stratégie étant donné que je perds beaucoup d’eau. Au niveau alimentation, je cours avec des gels et compote sur moi et n’hésite pas à en magner à chaque tour pour rompre la monotonie. A chaque pause, je m’offre une bonne partie de repas : sandwichs au gruyère, sandwichs au jambon, pâtes, sushis, tucs…
Pour la prochaine fois : avoir un sac compartimenté serait mieux, car c’est toujours la galère de soulever la moitié des affaires dans le sac pour trouver ce qu’on cherche ! De plus, il fallait apporter ses couverts et des assiettes si l’on voulait bénéficier des pâtes de l’organisation.

Objectif atteint… mes limites aussi !
Les 100km passés, je me décide à ne pas en rester là. Il est 2heures du matin, je repars pour la 16ème boucle. Mais j’ai peu d’espoir, les jambes ne répondent plus. Ce n’est pas le cardio qui me fait lâcher prise, car je suis resté pendant toute la compétition en zone 2. En revanche, une fois passé les 100km, j’ai noté une franche perte de motivation. Je n’arrivais plus trop à m’alimenter ni même à boire sur la dernière boucle… je fini même ma dernière boucle en 58 minutes : même pas le temps d’avaler quelque chose que je suis à nouveau sur la ligne de départ ? C’est l’effort de trop. Je repars pour la 17eme mais je n’irais pas plus loin… au bout de 200m, je n’arrive plus à suivre et j’ai de toute façon bien l’impression d’avoir réussi ce que je voulais faire. C'est bel et bien le mental qui fait craquer en premier au final.
Pas de regrets !
Avec le (très) peu d’entrainement que j’avais a au compteur (120 km en octobre soit 28km par semaine / 186 en novembre soit 43km par semaine / 148 en décembre soit 33km par semaine / 157 en janvier… soit 36 par semaine…) on ne peut pas vraiment dire que j’ai brillé par mon volume d’entrainement… C’est même un miracle d’être parvenu à courir aussi loin sur un parcours mine de rien assez accidenté car une grosse montée (marches) était présente.
Cela explique peut-être aussi mon mal aux jambes. J’ai remarqué que lors de cette montée, je semblais être plus à l’aise que mes collègues, mais la reprise me semblait plus compliqué une fois arrivée en haut que les autres… (pourtant mon poids était loin d’être mon poids de forme avec une balance à 73/74 les jours précédents donc avec +2/3kilos…, un bon poids hivernal quoi !)

En conclusion, une superbe expérience que je vous conseille vraiment si vous désirez vous lancer dans des trails longue distance. Je pense d’ailleurs tenter les distances comme les 100km de Millau ou des trails qui approchent ces distances-là désormais !
N'hésitez pas à me poser des questions en commentaires !
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