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[Flashback] – Mon marathon de Nice 2024 : PR !

  • data2performance
  • 4 mars
  • 6 min de lecture

En un beau dimanche de novembre 2024, sous un grand soleil et 21°C au thermomètre, j’ai réussi a battre mon record personnel (PR) sur la distance mythique du marathon !


Vous voulez savoir comment j’ai fait et comment je l’ai vécu? Alors c’est parti!


En cette année 2024, pas mal de kilométrage au compteur : environ 6.000km à vélo, et 1.500km en course à pied. Cette fin d’année est propice pour tomber quelques records! Il y a 1 mois, j’ai battu mon temps sur 20km avec un beau 1h24 au compteur (soit 4’12 »au km !).


J’arrive donc à Nice, gonflé à bloc en espérant pouvoir taper un 3h20 comme me l’indique mes prévisions de course basé sur les DATAS de garminconnect !


La préparation :

On ne plaisante pas avec un marathon, alors mon entrainement était axé les deux dernières semaines sur la course à pied. Ma dernière cyclosportive était il y a 2 semaines, avec le raid des Alpilles ou j’ai eu d’excellentes sensations. J’ai beaucoup travaillé sur du transfert vers la course à pied, avec des sessions de vélo, suivie de course à pied ainsi qu’un peu de volume tout en respectant 80% d’EF (endurance fondamentale : courrir lentement!) et 20% de qualité (allure proche ou légèrement plus rapide que sur le marathon). Mes séances m’apportaient de mauvaises sensations, et le jour de la course, je me lève même avec des jambes un peu lourde… peut être encore un peu de manque de fraicheur et une mauvaise gestion de la dernière semaine !


Le parcours :

42,195km entre Nice et Cannes, un circuit roulant mais parait-il un peu compliqué en 2ème partie. Le meilleur temps est de 2h07 pour le record masculin.

Retrouvez le parcours en 3D sur la vidéo : https://vimeo.com/353572048

Je l’avais déjà fait en 2008 et 2009, mais il y a quelques changement (en 2008 nous étions 1.800 participants, alors que cette année on attend… 18.000 personnes !!!)


La course :

Je commence la course commence dans le sas des 3h30. Après beaucoup de réflexion, j’avais choisi de partir ainsi par précaution. C’est ce que je fais. Mon objectif était 3h20, soit 4’44 » au kilomètre.



Malheureusement, je ne suis pas très compétiteur dans l’âme pour « l’art du positionnement » sur la ligne de départ. Il y a tellement de monde… et je suis comme d’habitude positionné en fin de sas. Le top départ est donné et je suis déjà triste de voir le meneur d’allure des 3h15 partir loin… loin loin devant! Je suis très gêné sur le premier kilomètre. Je n’arrive pas à avoir une foulée correcte et mon premier km est en dessous de ma moyenne prévu d’environ 5 secondes. Ce n’est pas très grave : dès le 2ème, je reprends mon temps et réussi à m’installer sur une belle dynamique sur les 10 premiers kilomètres. J’oscille entre 4’34 et 4’38 » au kilomètre. Soit un petit gain par rapport à ma cible de 4’44 »

Mes sensations sont très bonnes, avec en particulier un battement de FC assez correct, et une obligation d’être sur la retenue au niveau de la foulée pour ne pas être trop rapide! C’est très bon signe.

Cela fait longtemps que je n’ai pas couru un marathon! Très longtemps! Mon dernier remonte à 2009! C’est donc avec humilité que je dois aborder la dernière partie qui est toujours un « pari » sur son état de forme.

Aussi, j’opère un choix. Je ne veux pas partir sur l’objectif 3h15. Mais il me semble que mes jambes pourraient me permettre d’aller chercher encore quelques secondes au kilomètre.

Je résiste à l’envie d’accélérer au risque de détruire mes chances de réussir le SUB 3h20. J’arrive rapidement à la mi-course. Presque dans le temps du 3h15 ! Mais je sais que j’aurais fatalement une baisse de rythme sur la 2ème partie. Au final je me rassure en me disant que je vais pouvoir perdre 5 minutes pour le deuxième semi. Je me donne comme objectif de tenir encore 15km sur le rythme et lâcher du lest sur les 5 derniers kilomètres en rendant 1minute au kilomètre. La lutte va bientôt commencer et on va bientôt savoir!


Finalement : cela ne se passe pas du tout comme prévu. Le dénivelé au 28ème km est difficile a aborder. Je perds quelques secondes mais j’arrive à relancer. Je pense également à m’alimenter et prendre soin de mon hydratation à chaque ravitaillement, sans perdre la moindre seconde.


On arrive au 32ème kilomètre et ça devient dur… très dur! C’est maintenant que le combat mental commence. Les douleurs envahissent tranquillement les cuisses. Surtout les ischios. Je suis gêné par des douleurs au pied gauche mais rien de grave, ma foulée reste proche des 4’35 » au km.


Je m’accroche désormais aux personnes qui ont un rythme proche du mien en me disant de les tenir, et de trouver une foulée en symbiose avec elles. Mais je n’y arrive pas. Beaucoup d’entre elles craquent rapidement à mes côtés. Seuls les coureurs des relais ont des rythmes qui sont bons, mais la plupart un peu plus rapide que moi et je ne veux pas « exploser » en suivant une foulée trop rapide. Je suis donc seul avec ma foulée. Je n’ai pas cette habitude.


A 5km de la fin, je sais que ce sera dur mais je vais tenir. Et sans ralentir. Je vais aller chercher un SUB 3H20 ! C’est génial ! 25 minutes de moins que mon temps lorsque j’avais 24 ans en 2009!


Alors je tiens mentalement, et j’utilise mon feeling favori qui me permet de me jauger et de me dire : tu peux tenir cette allure la pendant 25min? 20 min? 15min? Et j’ajuste automatiquement ma foulée, sans regarder ma montre, aux sensations! De toute façon je n’ai plus la force de regarder ma montre.


Sur le final, je sens que je peux aller plus vite. A 2km de la fin, je commence à tout lâcher. Je monte volontairement dans les tours en BPM et ma respiration devient désormais vraiment bruyante. Je suis full gaz!!!! Je double un bon nombre de personnes en perdition. Je suis en 4’31 au km 41, et même 4’21 au km 42!!! Je suis même en 4’16 sur les 200 derniers mètres !!


Quelles sensations! Mon coeur qui bat fort, mes jambes qui répondent, qui font extrêmement mal, mais j’adore ça!!! J’ai le mental des bons jours, celui ou même la douleur ne peut pas nous faire arrêter. Avec une bonne ambiance, je franchi la ligne : 650e sur plus de 8.000 participants !!! Et là, je me rends compte que mes jambes ne me portent plus. Je pense n’avoir jamais autant forcé sur une course et être dans un état aussi lamentable !! Mais en réfléchissant un peu je pense avoir déjà fait pire…!

Je ne peux plus marcher, mais je reste debout, récupère ma belle médaille ou j’aurais plaisir de noter mon temps derrière! SUB 3H20! 3H17!! C’est une belle fierté. Je met 20 minutes à parcourir lamentablement 800m pour remonter la ligne et encourager Lucie qui arrive quelques instants après moi ! J’essaie de la suivre en courant : mais je ne peux pas. Mon cerveau n’a plus la force de dire à mes jambes d’avancer. Pourtant je sais que c’est mental, j’essaie de tenir sa foulée, mais au bout de 15 secondes je comprends que je ne pourrais pas. Mes jambes sont gorgées d’acide lactique, comme tétanisée et tendue comme jamais. Je ne souhaite pas me blesser et laisse donc Lucie finir en lui criant d’accélérer pour faire un SUB 4H00 car ça va se jouer à la seconde pour elle!

Strava me donne un temps de 3h16’31 » au marathon, et la puce un 3h17’46 » (mais il me semble que la distance était un peu plus grande, dans les 42,4km, ce que Lucie me confirme sur sa montre également).

J’opère une excellente remontée sur la deuxième partie, avec prêt de 400 places de gagnées. Il faut dire que j’ai observé un bon nombre de participant partir trop vite et s’effondrer au km 30.

Mes statistiques montrent une belle régularité : pas d’effondrement constaté vers la deuxième partie. Je me suis bien battu. Noter que la température n’a pas réellement augmentée alors que je m’attendais à souffrir de la chaleur vers 11h (le départ ayant été donné à 8h).



Côté ravitaillement, très heureux de mon choix de partir avec 250mL d’eau mélangé à de l’Isostar, 3 gels, 1 barre céréale et mon tube de gel Meltonic. J’ai oublié de manger ma compote! C’est une erreur, car je ressentais le besoins de diminuer le sucre à 1h30 de course (mon gel n°1 pris à 0h45 m’a un peu écœuré et je me suis forcé à manger à 1h30 mais j’aurais du utiliser ma compote à ce moment là!).


Bref, encore des belles marges de progression dans tous les domaines c’est certain ! L’analyse des datas m’aidera peut être à faire mieux les années prochaines !

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